BERLIN 33

BERLIN 33

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time 20 h 30 min

17 décembre 2017

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19 décembre 2017

BERLIN 33

D’après Histoire d’un Allemand – Souvenirs 1914-1933 de Sebastian Haffner
Actes Sud – traduction de Brigitte Hébert – 2002

Adaptation René Loyon
Un spectacle conçu par Laurence Campet, Olivia Kryger et René Loyon
Jeu René Loyon
Direction d’acteur Laurence Campet et Olivia Kryger
Son Hervé Le Dorlot
Lumières et régie générale Frédéric Gillmann

REPRÉSENTATIONS 17.18
Atelier RL, Paris 18e – du 6 au 8 novembre – 15H30
Théâtre Jean Vilar, Suresnes – le 18 novembre (18H30) et le 19 novembre (15H30)
Théâtre de Belleville, Paris 11e

Londres, 1939
Je
 vais conter l’histoire d’un duel.
C
’est un duel entre deux adversaires très inégaux : un Etat extrêmement puissant, fort, impitoyable – et un petit individu anonyme.

L’Etat, c’est le Reich allemand ; l’individu, c’est moi…

En 1938, Sebatian Haffner se place dans la perspective de ce que l’on appellerait aujourd’hui un « lanceur d’alerte ». Il attend encore de l’Europe une prise de conscience qui lui permettrait d’adapter sa réaction à la menace du nazisme. Et, comme pour nous faire mieux comprendre l’ascension d’Adolf Hitler, il nous la décrit à hauteur d’homme, d’enfant même – puisqu’il débute son récit avec la déclaration de guerre de 1914, alors qu’il n’est lui-même âgé que de sept ans. Il montre l’intrusion insidieuse du politique dans la vie quotidienne et la sphère privée. A l’analyse historique d’une grande lucidité, Sebastian Haffner mêle son ressenti, ses émotions d’enfant et de jeune homme. Et c’est précisément ce qui nous place avec lui au cœur de la tourmente, nous donnant – comme il a pu l’avoir sur l’instant – une compréhension intuitive autant que cérébrale des événements. C’est aussi ce qui fait chair pour l’acteur et permet de faire de ce texte un objet théâtral.

Comment, dans un contexte miné par la crise économique, un homme apparemment sans envergure, tel que « la plupart de gens qui l’ont acclamé en 1930 auraient probablement évité de lui demander du feu dans la rue » a pu mettre à sa botte « le peuple allemand, qui ne se compose tout de même pas exclusivement de poltrons » et lui imposer son projet démentiel « qui est une nouveauté dans l’histoire universelle. Il s’agit d’inoculer systématiquement à un peuple entier – le peuple allemand – un bacille qui fait agir ceux qu’il infecte comme des loups à l’égard de leurs semblables ou qui, autrement dit, déchaîne ces instincts sadiques que des millénaires de civilisation se sont efforcés d’éradiquer. »

Voilà une parole qui mérite d’être entendue dans le contexte politique et économique mondial d’aujourd’hui.